Matraquage. C'est le mot qui me vient à l'esprit au sujet du traitement médiatique d'Antoine Griezmann depuis de longs mois. Si on prend les choses objectivement, le milieu offensif de l'Atletico Madrid est prometteur, il a un certain sens du jeu et peut apporter à l'équipe de France. Rien de plus. En tout cas pour l'instant. Mais alors, pourquoi crier au génie si vite? France Football, par exemple, l'a placé en couverture en décembre dernier, avec comme titre "La sensation Griezmann". Et plus encore, l'hebdomadaire a enfoncé le clou dans son dernier numéro, avec pour nouvelle une "Le phénomène Griezmann". Phénomène, comme le Brésilien Ronaldo, donc. Logique, pour un joueur qui en est à 16 buts avec son club, toutes compétitions confondues (soit autant qu'Olivier Giroud...). Il y a donc le joueur, à mes yeux largement surévalué. Et, plus encore, il y a l'homme, sorte de gendre idéal post-2010 fantasmé par les médias: selon FF de décembre dernier, sa première place au classement de son sondage sur les personnalités du foot préférées des Français est une "confirmation [...] qu'il suffisait d'un peu d'air frais pour oxygéner ces Bleus asphyxiés par les affaires et les mauvaises manières". Le journal semble alors "oublier" que le joueur a été suspendu plus d'un an en équipe de France pour une sortie en boîte plus qu'inopportune entre les deux barrages contre la Norvège avec les Espoirs (défaite 5-3 au match retour!). Un événement passé sous silence, pour ne pas égratigner l'image aseptisée de ce "beau blond aux yeux bleus" "naturellement jeune. Naturellement gentil. Naturellement exubérant, décontracté, fidèle et spontané", dixit le dernier FF, définitivement amoureux. On notera d'ailleurs que la presse disait sensiblement la même chose de Ribéry il y a quelques années, avant de lui accorder le traitement que l'on sait! Durant le dernier Mondial (où le joueur n'a pas été si transcendant qu'on le dit), ses larmes au terme du match contre l'Allemagne ont été montées en épingle pour souligner à quel point l'homme est sensible et tient à cette équipe de France, au contraire des "caïds" "mal élevés" de ces dernières années. Pourtant, à écouter Deschamps himself, saint Antoine serait déjà en train de prendre la grosse tête, ce qui n'augure pas spécialement de bon pour son avenir et son traitement médiatique... Espérons en attendant que le natif de Mâcon fasse oublier Ribéry en équipe de France. Car pour le moment, et contrairement à ce que l'on peut lire ici et là, Griezmann est loin, très loin du meilleur niveau en Bleu du joueur du Bayern Munich...